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L’Apiculture bio

apiculteur miel bio

©Pixabay

La production française de miel, bio et non bio, ne permet pas de couvrir la consommation nationale : environ 45 tonnes de miel sont consommés en France chaque année. Pour pallier cela, la France importe du miel, principalement d’Ukraine, d’Espagne, de Chine, d’Allemagne, de Hongrie et d’Argentine. Mais cette pression du marché n’empêche pas certains producteurs de se tourner vers une production moins intensive, plus respectueuse et qualitative.

De la fleur à la ruche

Si les abeilles ont réussi à coloniser la Terre depuis plusieurs millions d’années, c’est en raison de leur grande adaptabilité aux conditions environnementales, mais elles pourraient bien voir leur longévité compromise par l’activité humaine, dont notamment l’utilisation intensive de pesticides, et rendre l’activité des apiculteurs encore plus difficile qu’elle ne l’est déjà.

La domestication de l’abeille pour la production de miel remonterait à plusieurs milliers d’années avant J.-C. en Mésopotamie (Irak), en Grèce et dans la Rome antique. Les techniques d’élevage n’ont pas cessé d’évoluer allant des modèles en planches de l’Antiquité, aux ruches en paille tressée au VIIIème siècle, jusqu’à l’époque moderne.

Une fonction essentielle à la vie

Les abeilles ont un rôle de pollinisation qui est essentiel à la reproduction de 80% des plantes à fleurs. Les plantes produisent du pollen mais ce pollen stagne sur la plante si rien ne vient le transporter d’une plante à l’autre. La nature ayant bien fait les choses, ce rôle de pollinisation revient au vent et aux insectes.

Et la pollinisation ne concerne pas que les plantes sauvages, toute notre agriculture en dépend : le maraîchage (melons, pastèques, courgettes…), les semences (oignons, poireaux, carottes, salades…) et tous les arbres fruitiers et les cultures de plein champ comme le tournesol.

Les abeilles se nourrissant sur les fleurs, il est donc indispensable de favoriser la plantation de celles-ci : dans les jardins, sur les bords des routes et sur les terres en jachère, par exemple.  

La production de miel

Outre son rôle de pollinisateur, l’abeille produit du miel pour sa nourriture et la nôtre en l’entreposant dans la ruche. On pourrait penser que le miel étant produit naturellement, c’est forcément un produit « bio », pourtant différents éléments peuvent altérer sa qualité : la présence de pesticides sur les fleurs, des traitements chimiques dans la ruche, les méthodes de récolte et d’extraction, etc.

Aussi, les apiculteurs qui privilégient la production de miel bio, doivent respecter un strict cahier des charges, qui les contraint, de l’installation de la ruche jusqu’à la vente des produits finaux (miel, gelée royale, pollen, propolis). Ceci pour la protection du consommateur mais aussi des abeilles elles-mêmes. Cela va de l’identification et de la localisation des ruches au moyen d’une carte identifiant les zones de butinage jusqu’à la tenue d’un cahier d’élevage et de miellerie dans un but de traçabilité du miel.

Si l’on veut obtenir l’agrément « miel biologique », l’emplacement de la ruche devra obéir à des principes stricts : bannir dans un certain périmètre autour des ruches les centres urbains, les décharges, les activités industrielles à risque, les autoroutes et bien sûr les zones agricoles traitées chimiquement. La structure principale des ruches devra être constituée de matériaux naturels non contaminants.

Pour le bien-être de l’abeille et une production de qualité, l’endroit idéal serait un terrain non envahi, protégé des courants d’air et du froid, à proximité des sources de nectar et d’un point d’eau. Pendant le sommeil de la ruche, suffisamment de pollen et de miel doivent être laissés pour assurer la survie des abeilles.
D’autres mesures concernant les soins aux abeilles malades ou l’hygiène du rucher sont prescrites ainsi que le conditionnement du miel ou de la gelée royale.

La surmortalité des abeilles

On observe depuis plusieurs années, une surmortalité inquiétante des abeilles, tout particulièrement au printemps lors de la période des épandages de produits phytosanitaires dans les champs de blé et de colza. Les abeilles les plus impactées sont issues de ruches situées en plaine, du fait de leur proximité avec les cultures agricoles, les ruches de montagne étant moins touchées.

La filière de l’apiculture bio

Les organisations de producteurs constatent une part grandissante d’apiculteurs professionnels convertissant leur production en agriculture biologique.

On comptait 867 apiculteurs certifiés bio ou en conversion en France en 2018 soit environ 18% de la totalité de la filière (source : Agence BIO/OC). Deux grandes régions concentrent à elles seules la moitié des apiculteurs bio: l’Auvergne-Rhône-Alpes et l’Occitanie.

La seule apicultrice certifiée agriculture biologique dans le massif du Sancy

A l’œuvre derrière La Ruche des Volcans depuis 1994, Élisabeth Taillandier, apicultrice professionnelle en bio de père en fils/fille depuis 4 générations, en Auvergne.

« Je récolte mes miels sans rien changer à la façon dont le faisait mon grand-père, à la main, en respectant la nature et le travail des abeilles. »

Élisabeth Taillandier

L’activité principale d’Elisabeth Taillandier est bien sûr la production et la vente de différents types de miels biologiques de ses propres abeilles mais aussi la transformation des produits de la ruche en de multiples délices à manger (bonbons, pain d’épices, nougats…) et à boire (hydromel) mais également des produits de soins (à base de gelée royale, de propolis, etc).

Les activités connexes sont la visite de la ferme avec l’apicultrice avec des démonstrations d’extraction de miel ainsi que la découverte de la vie des abeilles à l’aide d’observations et d’animations ludiques pour sensibiliser les plus jeunes et les moins jeunes aux abeilles et à l’apiculture.

La Ruche des Volcans

Cette année, Élisabeth devrait prolonger le parrainage initié à l’automne 2019 avec l’association de sauvegarde des abeilles « Un Toit Pour Les Abeilles », qui propose aux particuliers et aux entreprises de parrainer une ruche.

« En dépit de la situation qui nous touche, nous, mes abeilles, elles, vont bien ! C’est plutôt positif, car cela augure une très belle année avec un début de récolte de miel de printemps et du miel de pissenlit en préparation actuellement.  Je travaille également à la finalisation d’une nouvelle méthode de production de miel naturellement crémeux.»

Pour suivre l’actualité de La Ruche des Volcans, rendez-vous sur leurs réseaux sociaux:

La Ruche des Volcans
2, zone artisanale Le Corneloux  63950 Saint-Sauves-d’Auvergne
Site web : www.ruchedesvolcans.com
Facebook : LaRuchedesVolcans

Également le lien de l’association : Un Toit Pour Les Abeilles
Site web : www.untoitpourlesabeilles.fr/
Facebook : untoitpourlesabeilles

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